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tHe pEneLOpe[s], c’est d’abord la
rencontre de deux garçons originaires du nord parisien. Et même si dans les
veines de l’un d’eux coule du sang finlandais, leurs appétences culturelles sont
par bien des points similaires : un attrait pour les labels 4ad, Mute et
Fiction, pour Vian, l’evian et Jacques Mesrine. Communément, ils décident de se
débarrasser de leur foie et abandonnent leurs études de droit et de médecine
pour cette fois-ci « perdre leur temps à bon escient ». C’est à cette même
période qu’ils s’adonneront à quelques sales coups de trafalgar. Episode
délictuel grave que nous relègueront ici au second plan. Car si revanche
(sociale) il y a, c’est bel et bien par la musique qu’elle se consommera...
A l’aide d’instruments analogiques et de guitares vintage, dégotés on ne sait
par quels malins moyens, ils créent leurs premières compositions à la violence
contenue mais vindicative. Volontairement fragile et décalé, leur premier maxi «
Purity », enregistré dans des conditions live sans recours (secours ?) au
séquençage, apparaît comme un pied de nez au tout-venant de la dance music
répétitive dominée par le beat. L’ombre des frontmen longtemps adulés plane
irrémédiablement : Nick Cave, Morrissey, Paddy Mc Aloon… Le dilemme se creuse et
la BBC anglaise, pas dupe, s’empresse de playlister le single; pendant ce temps
Agnès b. repère le jeune duo qui fonde sa réputation sur scène. Avec une approche
du live périlleuse et brutale, les Penelopes avancent masqués pour mieux se
mettrent à nu ensuite, sans autre ambition que de faire danser en émouvant.
S’ensuit un deuxième EP, « Together Songs », où cette fois-ci la
puissance rythmique des sonorités actuelles est mise au service d’une énergie
rock que vient rappeler un solo de guitare dissonant. Celui-là même qui, envoyé
par un ami, atterrira sous un pseudo à la con (The Rockers), dans les bureaux de
Dj Hell, l’homme à la tête du très influent label allemand International Deejay
Gigolo qui signera le groupe. Forts de cette reconnaissance, ils commencent à
trimballer leurs fly-cases. Des tournées en province et à l’étranger les
engagent à destiner d’avantage encore leur son à un public qu’ils se disent
décidés à faire chavirer. De grands moments de communion marqueront leur passage
en Europe et en Amérique du Sud [ON TOUR].
Leur manifeste pour une dance-rock maximale suffit à les singulariser au sein
d’une scène électronique dominée par le deejaying et le laptoping. Leur goût
pour les mélodies spontanées, lumineuses et parfois faussement naïves les
amènent à signer, entre autres, des remixes pour LTNo (Les Tétines Noires), à
composer pour Liquid Architecture, projet musical du directeur du Palais de
Tokyo, ainsi qu’à reprendre le « Alice » des Sisters of Mercy sur leur «
Steal This [EP] ». Ces productions signées sur Naïve ou le label
américain Cleopatra continueront d’étendre le cercle d’initiés des deux siamois
[DISCOGRAPHY].
Aujourd’hui, les Penelopes avancent à visage découvert avec un album long format
mitonné à l’écart, loin du tumulte. Il pourrait presque s’agir d’un album fait à
la maison tant sa conception fut lente et conviviale. Avec des guests de choix [B-SIDE]
pour apporter leur voix aux mélodies. Et des mélodies de choix pour qu’ils y
posent leur voix. Ainsi Dierdre Dubois, chanteuse du groupe Ekova, rend un
hommage tout cocteau-twinesque à Hermann Hesse avec le titre « Demian » tandis
que Samy Birnbach aka Dj Morpheus, chanteur culte de Minimal Compact, pénètre de
sa poésie un « In A Storm » au refrain hanté par un harmonica instable. Le
dilemme entre dance et chanson se mue un rock calibré pour les clubs. Une
musique dance dense, ambitieuse et accessible, exigeante et sincère.
C’est bel et bien un disque de dance-rock consciente et épique, sans cesse
tiraillée par le songwriting, que viennent de signer les Penelopes sur Citizen,
le label de Vitalic.
Guillaume Deloire
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